Increased Failure After Irrigation and Debridement for Acute Hematogenous Periprosthetic Joint Infection

N.N. Shohat,, K. Goswami, MD, Timothy L. Tan, MD, Y. Fillingham, MD, and J.Parvizi,.J Bone Joint Surg Am. 2019;101:696-703

Contexte : L’infection sur prothèse ostéo-articulaire est difficile à traiter. Les auteurs ont conduit une étude rétrospective (2005-2016) chez 199 patients ayant eu une infection sur prothèse ostéo-articulaires (IPOA) traitée par lavage-débridement avec maintien de l’implant (DAIR) en fonction du type d’infection : IPOA postopératoire (<3 mois postopératoire) et IPOA hématogène aigue (> 3 mois postopératoire, avec brusques symptômes de moins de 3 semaines).

L’analyse a porté également sur les données démographiques des patients, les comorbidités, les données cliniques et microbiologiques. Le suivi était au minimum d’une année.

Résultats : Le taux d'échec était de 37,7% (75 sur 199) à 1 an. Parmi les patients présentant une infection hématogène aiguë, le taux d'échec (56%, 29 sur 52) était presque 2 fois plus élevé que celui des patients présentant une infection post-chirurgicale aiguë (31%, 46 sur 147) ([OR], 2,36; 95% [IC], 1,16 à 4,81; p = 0,018). Les facteurs prédictifs d’échec étaient : une chirurgie (préalable) de révision (OR ajusté, 2,55; IC 95%, 1,22 à 5,32; p = 0,013), un score de Charlson plus élevé (OR ajusté, 1,22; IC 95%, 1,01 à 1,51; p = 0,048), une BPCO (p = 0,026), un diabète (p = 0,004) et les antécédents de tumeur maligne (p = 0,005).

Les facteurs de risque cliniques et biologiques associés à l’échec étaient la présence de purulence peropératoire (p = 0,05), une pression artérielle systolique élevée (p = 0,05), une tachycardie (p = 0,06) et un taux sérique de CRP plus élevé (p = 0,003), une infection polymicrobienne (OR ajusté, 2,40; IC 95%, 1,10 à 5,20; p = 0,028).

Conclusion : Cette étude a montré que le traitement des IPOA par DAIR est associé à un taux d'échec élevé chez les patients présentant un syndrome hématogène aigu. L'étude a également identifié un certain nombre de facteurs de risque d'échec. Les résultats de cette étude pourraient permettre de mieux guider la stratégie chirurgicale de maintien du matériel au cours des IPOA aigues.

Professeur Louis Bernard - Service des maladies Infectieuses
CHRU de Tours