The management of the shoulder skin microbiome (Cutibacterium acnes) in the context of shoulder surgery: a review of the current literature

Les auteurs ont sélectionné 49 études pour discuter du rôle de microbiome cutané au niveau de l’épaule et aborder après le contexte, le rôle des biopsies, la réduction de la colonisation, le diagnostic des articulation infectées et la thérapeutique.

Méthodes. Etude conduite avec des mots clés mais à la lecture, il manque certains papiers de la littérature (« stringence » pour le choix des études ?)

Résultats.

1. Contexte

Rappel sur l’habitat de C. acnes et une caractéristique particulière = résident des couches profondes, localisation préférentielle et charge bactérienne dans les unités pilosébacées (105 bactéries par unité voire plus à mon sens), impact de ce microbiome spécifique de l’épaule, rôle des FDR bien connus = homme, pilosité, mais il en manque et les auteurs évoquent la réduction du nombre d’unités pour réduire les infections à CA ? Rôle des phylotypes peu détaillé, rôle de la contamination cutanée de CA lors de la chirurgie mais il manque quelques références (effet des filtres choisis ?).

2. Résultats des biopsies

Impact des résultats des biopsies avant chirurgies (mais après injection de stéroïdes), reste débattu, corrélation ou abs de corrélation, et discussion sur les résultats FP ou FN. Intérêt de faire un typage moléculaire sur plusieurs colonies (papiers de El Sayed CID 2019, Bumgarner et al JCM 2019, et Liew-Littorin C et al Anaerobe 2019 = infection monoclonale ± contaminant ou infection polyclonale), rôle prépondérant des phylotypes IB et II dans les infections sur matériel et taux de positivité des biopsies en fonction de la technique de prélèvement.

3. Réduction de la colonisation cutanée

Réduire ou éliminer (est-ce réaliste ?) la charge bactérienne car risque d’inoculation lors du geste par le microbiome normal = impact de la perte d’intégrité cutanée, taux de positivité des prélèvements y compris lors de la chirurgie d’implantation 20 à 40 %. Discussion sur le rôle du BPO, de l’H2O2, souci il manque des études et la revue n’analyse pas l’impossibilité de comparer les nombreuses études récentes tant en termes de schémas proposés (durée d’exposition du microbiome), de doses, d’association, de modalités d’évaluation = nombreux biais méthodologiques. Les auteurs soulignent l’inefficacité de la doxycycline en traitement préventif (2 études) et la non supériorité de la povidone ou de la chlorhexidine (CMI élevées d’après une étude Japonaise) expliquant l’inefficacité des préparations cutanées actuelles.

4. Diagnostic des articulations infectées

Comment identifier les infections, signes frustres, rôle d’une bactérie indolente (dormance, quiescence dans les cellules de la matrice osseuse non évoquée, biofilm ?) rôle des biomarqueurs survolé (IL6, alpha-défensine, etc…), impact des milieux de culture, rôle des géloses chocolat (mais variabilité des souches), durée d’incubation optimale évoquée entre 8 et 21 J, sans évoquer les derniers articles sur le sujet (Cut off évoqué à J11 dans 2 études Bossard et al JCM 2016), discussion sur cultures trop courtes et FN et cultures trop longues et FP, courte évocation du rôle de la PCR pour le diagnostic mais peu de détails.

5. Traitement

Discussion de la durée, de la mono ou bi-antibiothérapie en fonction de la stratégie chirurgicale. Peu de focus sur les infections osseuses, beaucoup de références sur l’acné et la résistance aux macrolides et augmentation de la résistance au MTR (qui est naturelle). Ils soulignent l’absence de consensus mais évoquent un taux de succès de 90 % avec nécessité d’un délai de 2 ans pour conclure à la guérison.

Limites de ce travail :

Titre accrocheur mais ne reflétant pas la réalité de la review apportée.

Manque de certains papiers clés dans le domaine, manque d’analyse critique détaillé (tableaux comparatifs), un peu frustré du manque de recommandations et des questions qui restent en suspens dans le domaine de la prise en charge des infections d’épaule.

Pr Stéphane CORVEC, Bactériologie, CHU de Nantes